Stéphane Poulin : de l’art de chevaucher la licorne
Par Maia Brami – bscnews.fr / « Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l’imagination est sans frontières. » Jean-Jacques Rousseau. Paris, 3 novembre, attablée au Café Daguerre, je guette l’arrivée de l’illustrateur québécois Stéphane Poulin — considéré comme le plus grand talent de sa génération, deux fois lauréat du Prix du Gouverneur Général du Canada — qui co-signe ce mois-ci avec le poète Carl Norac, Au pays de la mémoire blanche, un album somptueux aux éditions Sarbacane. Dehors, le ciel est bas et des camions livreurs piétinent. Le lieu est mal choisi. Trop bruyant. Je relis mes notes, caresse la couverture du livre, me lève une fois ou deux pensant l’apercevoir, m’inquiète, appelle l’éditeur afin de récupérer le numéro de mobile de l’attachée de presse, tapote les chiffres sur le clavier de mon vieil I-phone, tombe sur quelqu’un qui n’a rien à voir, m’excuse et raccroche. Le voici enfin. Je lui tends une main, il me tend sa joue en rigolant, je lui donne du « vous », il me demande de le tutoyer.